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Le correcteur en agence de communication travaille sur des journaux d’entreprise : ceux-ci sont destinés aux salariés, aux actionnaires, voire aux clients d’une société ou encore aux membres d’une association.

Il s’agit donc de tenir compte non seulement du code typographique et des règles d’orthographe usuels, mais encore des « marches » propres à chaque publication, parfois mises au point en l’absence du correcteur. Chaque entreprise a en effet son langage. Il se nourrit éventuellement des mots propres à une profession, parfois absents des dictionnaires courants, souvent du franglais des affaires et dans la plupart des cas affectionne l’usage abondant de la majuscule, notamment pour les titres et fonctions.

Dans le monde de la communication, le correcteur, avec son souci pointilleux de la loi orthographique, typographique et syntaxique, fait souvent figure de rabat-joie, d’éteignoir de la créativité – de mal nécessaire. Ce pourquoi il ne se déplace jamais sans ses alliés: ses dictionnaires, qui viennent parfois à sa rescousse pour prouver le cas échéant à l’émissaire d’un grand directeur de société que « puits » au singulier comporte bien un s, mais que « des bénéfices, la société en a fait » sans s est juste.

Le débat porte parfois plus loin. Le poste de secrétaire de rédaction étant parfois absent de l’organigramme des agences, le correcteur en endosse la fonction. Mais, avant de réécrire, de remettre en cause un titre ou un chapô bancals, rédigés par l’agence ou par le service communication du client, il lui faudra négocier la chose avec le chef de projet, pour qui le premier souci est de ne pas froisser la société concernée.

Pas de tout repos comme statut, mais le correcteur en agence de communication trouve son bénéfice intellectuel dès lors qu’il chausse des lunettes d’ethnologue. L’éventail des documents qui lui sont soumis, presse périodique et rapports annuels, lui donne un aperçu drolatique de l’économie du pays, où par exemple chaque entreprise se réjouit d’avoir échappé à l’impact de la crise, contrairement à toutes ses concurrentes – qui de leur côté s’exclament exactement de la même façon…

Le bénéfice salarial est quant à lui discret. Globalement un peu mieux payé que dans l’édition, le correcteur en agence de communication reste financièrement au-dessous de ses collègues de la presse grand public. Il est souvent payé à l’heure: de 12 à 23 euros brut… Et, les créatifs qui l’entourent pouvant être de joyeux drilles, il lui arrive de se détendre dans de bonnes tranches de rigolade. Cela aide.

 
Noirlac - 2011